Un peu d'histoire : pictogramme par Richard Martens

Peinture : bronze de bateleur

Voici, ci-après, la reproduction d’une peinture à l’huile, faite sur un panneau d’Isorel1, d’environ 23,5 cm x 30,5 cm, que j’ai peinte vers 2006-2007. Cela représente ce qu’on appelle un bateleur. Réalisé à partir de la photo d’un petit bronze. Lequel faisait partie de la collection de M. & Mme Marteret. Et il fut visible lors de la vente aux enchères à l’Hôtel Drouot de cette merveilleuse collection.

Peinture à l'huile d'un bronze d'un bateleur (ou joueur de gobelets) sur fond bleu, par Richard Martens sur panneau d'Isorel, 23,5 x 30,5 cm, c. 2006-2007.
Peinture à l’huile d’un bronze d’un bateleur (joueur de gobelets) sur fond bleu, par Richard Martens sur panneau d’Isorel, 23,5 cm x 30,5 cm, circa 2006-2007.

 

Je profite de cette occasion pour rendre hommage à Mme Marteret, & à remercier Mme Jeannine Champagne qui m’a gracieusement offert des reproductions de bronzes & d’automates représentant des magiciens & autres bateleurs.

 

Qu’est-ce qu’un bateleur ?

Gravure de 1796 représentant un bateleur
Gravure de 1796 représentant un bateleur

Le bateleur est le type même du magicien de rue, qui présente des tours aux passants. Il a été très souvent représenté en gravure, en lithographie, en dessin & en peinture, voire en sculpture ! Comme on peut le voir ci-contre. En effet, la majorité des représentations de magiciens montrent un bateleur.

Ici, ce type de personnage présente – comme souvent – le jeu des gobelets. Un tour vieux de plusieurs siècles, et que les  Romains avaient déjà décrit ! Le tour consiste à faire apparaître, puis disparaître et voyager, sous des gobelets, des petites balles de liège (?) appelées muscades. D’où l’expression : “Passez muscade !Jusqu’au XIXe siècle, ces personnes travaillaient dans la rue. Ce qui créait une animation, avec beaucoup d’autres « petits métiers », selon l’expression consacrée…

 

Le Bateleur le plus célèbre ?

Lame I : "Le Bateleur" du "Tarot de Marseille"
Lame I : « Le Bateleur » du « Tarot de Marseille »

A tel point qu’on retrouve le bateleur dans le “livre” populaire le plus répandu, à savoir le Tarot de Marseille, de Nicolas CONVER, Maître-cartier à Marseille qui, en 1761 publia le jeu connu depuis sous ce nom. Il s’agit de la première lame majeure ! C’est-à-dire la première des vingt-deux cartes importantes représentant des personnages. Le reste du jeu, comme les jeux de cartes traditionnels montre des symboles de 1 à 10, plus quatre valets, quatre dames, quatre rois… Et quatre cavaliers ! Quant aux symboles, ce ne sont pas des Piques, des Cœurs, des Trèfles et des Carreaux, comme nous les connaissons, mais ce sont  :

  • des Épées ;
  • des Deniers (pièces de monnaie) ;
  • des Bâtons ;
  • des Coupes (sortes de vase).

 

Quand les bateleurs quittent la rue ?

Jean-Eugène ROBERT-HOUDIN
Jean-Eugène ROBERT-HOUDIN

C’est Jean-Eugène ROBERT-HOUDIN (1805-1871), horloger et inventeur créatif, qui, le premier, fit en sorte que l’illusionniste – le prestidigitateur – “opère” dans un salon (transformé en salle de spectacle). Et ainsi sorte de la rue, où il officiait depuis des siècles. Pour cela, il créa le premier théâtre de “magie” et d’illusion en 1845 à Paris.

Nous reviendrons sur ROBERT-HOUDIN d’une part, & sur le bateleur d’autre part…

 

Avez-vous des commentaires concernant ce petit bronze ? Ou sur les bateleurs ?

Richard Martens

Texte version 1.3


Note

1. Isorel : “marque de commerce relative à un panneau constitué de fibres de bois encollées et agglomérées en appliquant une forte pression”. Dictionnaire Antidote.

Il s’agit donc d’une planche fine, de bois “reconstitué”, de couleur brune, lisse sur une face & “alvéolée” sur l’autre face. Cette “sorte” de planche est nommée “Masonite” par les Anglo-Saxons.


 

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