Portrait d'Aimé Paris, photographié par E. Carjat.

Mnemotechnie d’Aime Paris – 1

La mnémotechnie, est l’“art d’aider la mémoire par des procédés qui rendent les choses plus faciles à retenir et à retrouver” nous dit le dictionnaire Robert Mobile. Ou pour le dire plus simplement, c’est — littéralement — une “technique de mémorisation” ! Dans cet article, je vais explique la plus célèbre méthode mnémotechnique : celle d’Aimé Paris ! Qui pourtant est très peu connue. Je l’observe chaque année, face aux étudiants, à qui j’en parle, et qui ignorent qu’il y a des moyens d’aider la mémoire, d’aider à mémoriser ! Voyons cela…

 

Qui était Aimé Paris ?

Portrait d'Aimé Paris, photographié par E. Carjat.
Portrait d’Aimé Paris, par E. Carjat.

Né en 1798, et mort à Paris en 1866, Aimé Paris1 est connu pour avoir inventé une méthode de sténographie. La sténographie étant une méthode de prise de notes rapides.

Il a aussi développé une méthode de mémorisation, par la conversion des chiffres en lettres alphabétiques — des consonnes seulement — et inversement.

Et ceci de façon sonore2. C’est cela que nous allons voir… dans l’ordre numérique !

Seulement le son des consonnes !

La méthode d’Aimé Paris s’appuie seulement sur le son des consonnes. À partir de  cela, on “construit” des mots, en cherchant des mots existants, et en ajoutant les voyelles. Je vais donner des exemples au fur et à mesure…

Important ! Il est “vital” de former des mots qui soient “observables” : des objets, des animaux, des personnes, etc. Et surtout pas des principes, des valeurs comme : liberté, espérance, etc.  Bref, vous l’aurez compris : pas d’abstractions ! Du concret, du visible, de l’observable !

Ce que j’ai expliqué dans un précédent article, Trois principes pour mémoriser, à savoir :

  1. les images mentales ;
  2. les associations ;
  3. les émotions.

La mnémotechnie commence avec l’explication de cette méthode, car ces explications sont parfois surréalistes, et parfois tirées par les cheveux, selon l’expression populaire ! Ceci pour mieux s’en souvenir !

Il y a donc dix chiffres, de 0 à 9. Commençons par les cinq premiers, de 0 à 4, dans cet article…

 

Zéro – 0

Mnémotechnie : 0 = Z et S. Création de Richard Martens ©2015
0 = Z et S. Création de Richard Martens ©2015

Le zéro siffle et se traduit par le son “zé”, “ze”, donc “z”. Ou “s” qui sonne presque de la même manière.

0 égale z, Z, s, S

 

 

Un – 1

Mnémotechnie : 1 = T et D. Création de Richard Martens ©2015
1 = T et D. Création de Richard Martens ©2015

Par sa — relative — “ressemblance” avec le 1, nous utiliserons le “t” qui n’a qu’une hampe3 (nom des parties verticales d’une lettre), comme le 1.

Et par “ressemblance” sonore, nous y associerons “d”.

Donc 1 égale T, t, D, d.

Ainsi 1 peut se “traduire” indifféremment par thé, thym ou toit, par exemple. Qui sont des “objets” observables, matériels… Il va de soit, et c’est mieux en le disant, qu’il vaut mieux “fabriquer” des mots-objets que vous pouvez vous représenter. Si vous n’avez pas une bonne représentation du thym, choisissez thé ou toit !

De même 10 correspond à 1 (T ou D) + 0 (S ou Z) ! Soit, par exemple : tasse, tasseau, tison, datte, date (image d’un calendrier ?)…

 

Deux – 2

Mnémotechnie : 2 = N. Création de Richard Martens ©2015
2 = N. Création de Richard Martens ©2015

Pour le deux, nous lui associerons le “n”… Minuscule ! Car il a deux jambages2.

2 égale n, N.

Pour 2, nous pouvons avoir : nid, Noé (et son arche), noix (question : “Qu’y a t-il à l’intérieur d’une noix ?4”)…

 

Trois – 3

Mnémotechnie : 3 = M. Création de Richard Martens ©2015
3 = M. Création de Richard Martens ©2015

Le trois sera complice du “m”… Toujours en minuscule ! Car le “m” minuscule possède trois jambages. Je rappelle que les associations sont une façon de mémoriser. Toutes les formes d’associations sont les bienvenues. Soyons créatif !

3 égale m, M.

Pour 3, il y a : mât, mie (de pain), mont (comme montagne), mou, mort…

 

Quatre – 4

Mnémotechnie : 4 = le R est tracé en 4 traits. Création de Richard Martens ©2015
4 = le R est tracé en 4 traits. Création de Richard Martens ©2015

Quatre égale R… En majuscule ! Lequel R peut s’écrire en quatre traits, comme je l’ai illustré ci-contre !

Je sais… C’est… tiré par les cheveux ? Peut-être…

L’important est d’assimiler le code, pour qu’il devienne une seconde nature, un réflexe !

Mnémotechnie : 4 = R. Création de Richard Martens ©2015
4 = R. Création de Richard Martens ©2015

4 égale R, r.

Pour 4, il y aurait : roi, raie (le poisson), Râ (le Dieu-Soleil Egyptien), riz, rat, rue, rein, roux…

 

 

Commencez, dès maintenant à convertir les nombres en mots, en “objets” observables.

 

Un premier exercice avec les départements Français

Vous pouvez, par exemple, commencer de trouver des mots de deux syllabes — sonores — pour les numéros des départements Français qui comportent les chiffres de 0 à 4. Cela en fait déjà quelques-uns. 24 pour être précis. Je vous mets la liste ci-dessous :

1, 2, 3, 4… 10, 11, 12, 13, 14… 20, 21, 22, 23, 24… 30, 31, 32, 33, 34… 40, 41, 42, 43, 44 !

Je vous conseille, pour commencer, de faire une liste comportant trois colonnes :

  1. les numéros des départements ;
  2. l’“objet” observable obtenu. Par exemple : “Roi” pour “4” ;
  3. le nom du département.

Nous verrons ensuite comment les mémoriser. Ou mémoriser d’autres choses…

 

Nous voici arrivé à la moitié du parcours. La suite arrive très vite, déjà écrite et mise en page !

Nous verrons, donc la fin du code dans le prochain article. Et dans les suivants, nous aborderons diverses façons d’utiliser ce code et cette base !

Et, s’il vous plaît, prenez tout de suite le temps d’écrire ce que vous en pensez, dans les commentaires ci-dessous. Ou bien posez des questions. Merci d’avance !

Richard Martens

Texte version 1.1


Notes

  1. Aimé Paris : un bref article sur Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Aim%C3%A9_Paris. Attention, cependant, car Wikipedia est, souvent, rédigé par des amateurs plein de bonne volonté, probablement, et quelquefois dans l’erreur. J’en veux pour exemple, dans cet article cité, l’extrait suivant : «Ainsi, à titre d’exemple, le mot “valise” serait 850 et le nombre 302 allait devenir la “maison” ». Faux ! Car “maison” se coupe en deux (et non en trois), donnant “mai” (1re syllabe sonore), soit “M”, donc 3, et le son “zon” (2e syllabe sonore de “maison”) “Z” égale à 0. Donc “maison” égale 30 et non 302, car le son “on” sonne comme “o” et ne vaut pas un son “ne”. Dans “maison”, le “n” ne sonne pas ! “Maisonnée” égale 302 ! Ou “maçonne”, pour une femme qui exercerait comme maçon ! Car le “ne” sonne !
  2. Un article de Wikipedia, consacré au code chiffres-sons : http://fr.wikipedia.org/wiki/Code_chiffres-sons.
  3. La partie verticale d’une lettre se nomme : hampe (comme pour les drapeaux), ou jambage (ascendant ou descendant), ou fût (comme les colonnes (verticales !) d’un temple) ou haste (comme les lances, en vieux Français).
  4. Chanson de Charles Trenet…

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